La sonde Europa Clipper aura un message pour les extraterrestres

La plaque de la sonde Europa Clipper présente des gravures des ondes sonores du mot "eau" lu dans 103 langues différentes y rayonnent autour d’une symbolisation de ce même mot en langue des signes américaine. - © NASA/JPL-Caltech
La plaque de la sonde Europa Clipper présente des gravures des ondes sonores du mot "eau" lu dans 103 langues différentes y rayonnent autour d’une symbolisation de ce même mot en langue des signes américaine. - © NASA/JPL-Caltech

La sonde Europa Clipper de la NASA doit examiner la composition de l’eau sous la glace d’Europe, une des lunes de Jupiter. Pour la protéger de ses radiations et transmettre un message de l’humanité, une plaque y sera attachée, célébrant le rôle de l’eau dans l’origine de la vie. 

L’eau est indispensable à la vie, rien n’est plus sûr. Depuis des décennies, ce lien inextricable pousse les scientifiques à chercher de l’eau dans l’espace, preuve potentielle d’une vie extraterrestre. En avril 2030, la sonde Europa Clipper aura peut-être quelques réponses à nous apporter à ce sujet. Avec un lancement prévu en octobre 2024, la sonde de la NASA doit parcourir 2,6 milliards de kilomètres pour atteindre Europe, l’une des lunes de Jupiter, et y étudier la composition de sa croûte glacée et de l’océan qui se cache dessous. Pour ce voyage, les scientifiques américains ont décidé de doter la navette d’une plaque comportant un message de l’humanité.

Europa Clipper mesure 5 mètres de haut, 30 mètres d’envergure avec ses ailes solaires déployées et pèse plus de 3 000 kilos. Protégée par une armure en titane et en aluminium pour résister aux intenses radiations de Jupiter, la sonde embarque avec elle un spectromètre, un radar ultra puissant, un magnétomètre, des capteurs thermiques et plusieurs caméras. Un condensé technologique mis au point par l’université Caltech en Californie pour percer les mystères de la glace d’Europe, analyser la composition de l’eau subglaciaire et ses éventuels changements de température pour déterminer si une forme de vie s’y trouve. 

Calculer la probabilité de civilisations extraterrestres

Cependant, l’élément le plus surprenant qui fera le voyage interplanétaire est une petite plaque en métal accrochée à la sonde. 18 sur 28 centimètres, 1 millimètre d’épaisseur et tout en tantale – un métal très résistant à la corrosion des acides -, l’objet comporte plusieurs inscriptions pour transmettre ce que la NASA appelle un « message de l’humanité, d’un monde océanique à l’autre ». D’un côté de la plaque, on trouve une création artistique du lien entre la Terre et Europe à travers le mot « eau ». Des gravures représentant les ondes sonores du mot lu dans 103 langues différentes y rayonnent autour d’une symbolisation de ce même mot en langue des signes américaine, obtenue par une transformation de Fourier.

Bouteille à la mer cosmique

De l’autre côté de la plaque, plusieurs messages sont inscrits dans le tantale : un texte manuscrit de la poétesse américaine Ada Limón rendant hommage à cet objet céleste, une représentation de l’équation de Drake – une hypothèse mathématique établie en 1961 pour calculer la probabilité de civilisations extraterrestres -, un portrait de Ron Greeley, l’un des fondateurs de la planétologie décédé en 2011, ainsi qu’une puce en silicium contenant le nom de 2,6 millions de personnes. En effet, dans le cadre de cette mission, la NASA a invité le public à signer la plaque pour faire de cette plaque un message de l’humanité à la potentielle vie extraterrestre. De la taille d’un ongle, la puce se trouve au milieu d’un dernier dessin : une gravure du système Jovien (Jupiter et ses quatre lunes) au milieu duquel se trouve une littérale bouteille à la mer cosmique. 

Les scientifiques du Jet Propulsion Laboratory de l’université Caltech en train d’assembler la sonde Europa Clipper en mars 2023. © Schager

En amont du décollage prévu le 10 octobre 2024 au Kennedy Space Center en Floride, Robert Pappalardo, membre de la mission Europa Clipper a affiché haut et fort l’ambition du projet : « S’il y a de la vie sur Europe, il est quasiment certain qu’elle est complètement indépendante de l’origine de la vie sur Terre, ce qui signifierait que l’origine de la vie est plutôt facile à travers la galaxie et au-delà ». Réponse attendue en avril 2030.