La prison orwellienne du futur : implanter de faux souvenirs dans le cerveau des criminels

Illustration Telescope
Illustration Telescope

Georges Orwell n’aurait pas trouvé mieux. Un biologiste controversé a conceptualisé une prison mentale du futur. De faux souvenirs y seraient implantés dans le cerveau des détenus, pour les remettre dans le droit chemin, ou revoir les crimes qu’ils ont commis en boucle.

Les derniers chiffres sur la surpopulation carcérale en France dénotent une situation dramatique : avec au 1er juin 2024 un total de 77 880 détenus, soit une hausse de 5,7 % en un an, la densité carcérale s’élève à 126,2 %. Et parmi ses détenus, ils sont désormais 3322 à devoir dormir sur un matelas au sol. Des chiffres qui se confirment partout dans le monde. Aux États-Unis, les prisons fédérales ont encore augmenté de 10 % au dessus de leur capacité d’accueil en 2024.

Face à l’inefficacité des mesures récentes pour diminuer ces chiffres, Hashem Al Ghaili, biologiste moléculaire installé à Berlin, connu sur les réseaux sociaux pour ses idées technophiles souvent effrayantes, pense avoir trouvé la solution.

Sarcophages high tech

Dans une vidéo d’animation publiée sur son compte Instagram, le trentenaire imagine une prison du futur. Les détenus, maintenus en hibernation dans des sarcophages high tech, se voient implantés dans le cerveau via des électrodes placées autour de la tête, des faux souvenirs.

« Pour les scientifiques, deux méthodes d’implantation de faux souvenirs existent déjà pour les animaux, via un laser ou par la technologie RNA. Mais maintenant que nous pouvons générer des vidéos par intelligence artificielle, la seule chose dont nous avons besoin et de générer des vidéos customisées pour le genre de souvenir que l’on aurait besoin d’implanter, et d’utiliser la même méthode que sur les animaux pour la tester sur des humains » explique-t-il, face caméra. Ca parait simple, dit comme ça.

Consentement du détenu

Appelé Cognify, ce centre de réadaptation qu’il a entièrement conceptualisé, en implantant des souvenirs jugés pertinents, pourrait modifier le comportement des criminels et leur état d’esprit une fois réinsérés dans la société. Car sur le principe, Hashem Al Ghaili s’appuie sur le fait que beaucoup de criminels sont considérés comme des psychopathes et souffrent généralement d’un manque d’empathie et d’un déficit émotionnel. En combinant son procédé d’implants mémoriels persistants avec une thérapie comportementale cognitive, il avance que les résultats pourraient être très positifs.

Pour se défendre des accusations de manquement à l’éthique dont son projet fait face (et à forte raison), ce vulgarisateur scientifique a établi quatre étapes à la mise en place de sa méthode : le consentement du détenu, la réalisation d ‘un scanner pour cibler les régions pertinentes du cortex cérébral, l’implantation du souvenir, et la surveillance du détenu. Si le comportement de ce dernier est ensuite qualifié d’acceptable, sa libération pourra ensuite être envisagée.

C’est donc ça, le meilleur des mondes ?