Dites bonjour au robot humanoïde à la peau humaine régénératrice

Photo Université de Tokyo et Harvard.
Photo Université de Tokyo et Harvard.

Des chercheurs ont développé un prototype de robot humanoïde à la peau humaine, capable de se régénérer. Un procédé qui pourrait être utile à l’industrie pharmaceutique.

On avait l’habitude jusqu’à présent de robot humanoïde comme Sophia, développé par Hanson Robotics, au visage en silicone et aux 62 expressions faciales plus inquiétantes qu’amicales.

Mais pour aller plus loin dans la ressemblance, des scientifiques japonais de l’Université de Tokyo ainsi que d’Harvard ont fabriqué un robot humanoïde au visage composé de peau humaine. Cette peau, un mélange de cellules humaines, a été cultivée dans un laboratoire. Et en recréant des ligaments à l’aide de petites cordes de collagène et d’élasthanne, la peau recomposée serait plus élastique et plus résistante, capable de se régénérer elle-même comme les plaies humaines.

Surtout, ce procédé permettrait de la relier avec les composants mécaniques du robot sans qu’elle se déchire.

Analyser la formation des rides

Outre la démonstration de son expressivité, le développement d’un tel robot pourrait être utile à l’industrie des cosmétiques. En imposant au robot un sourire figé pendant un mois, les chercheurs ont pu analyser la formation des rides. De cette façon, ils pourraient tester des nouveaux produits pour voir comment ils agissent sur le processus de vieillissement.

Les chercheurs, qui ont publié les résultats de leur étude dans la revue Cell Reports Physical Science ne prévoient pas pour l’instant d’industrialiser la production de ce prototype, unique en son genre. Car pour que l’expérience scientifique soit optimale, il manque encore un aspect : les vaisseaux sanguins. En leur absence, la peau du robot ne survit pas sur le long terme et se dégrade trop rapidement. Le prochain défis sera donc de recréer l’équivalent de nos mécanismes sanguins et de l’intégrer dans le tissu cutané.

En attendant, si l’objectif était de proposer un robot plus humanoïde que ces prédécesseurs, c’est raté. Celui-ci, et malgré sa peau « humaine », est plus terrifiant encore que Sophia, qui, elle, déclarait quand même vouloir détruire l’humanité.