Quel futur pour La Rochelle ? Le candidat Christophe Batcabe nous donne ses visions d’avenir

C’est en 1994 que Christophe Batcabe est arrivé à La Rochelle. Rapidement, il a lancé une agence de marketing téléphonique qui emploie actuellement une soixantaine de salariés. Sa candidature se veut trans-partisane et pragmatique, plutôt qu’idéologique. Sans étiquette, donc, le candidat aimerait accroître l’attractivité de la ville, notamment en mettant en place un RER urbain et électrique, qui permettrait « de résoudre bien des problèmes. »

À la fin de votre mandat, quels seront, pour vous, les trois changements les plus visibles dans votre commune ? 

D’abord, un changement de gouvernance. Je ne suis pas un habitué de la politique. J’ai eu la chance de faire partie d’une association citoyenne de débats qui m’a porté à amener cette candidature, qui vise à rompre avec les anciennes méthodes. Les citoyens qui s’engagent dans l’associatif ont des choses à dire. Il faut libérer les énergies. J’aimerais monter des partenariats entre le public et le privé, y compris, donc, avec des associations. On doit donner un cap à toutes ces associations, leur dire ce que toute l’agglomération veut être demain. La deuxième chose, c’est une ville plus moderne, une smart city qui simplifie la vie. La Rochelle a des atouts d’attractivité majeurs : un port, la mer, un climat plutôt favorable, une vieille ville très agréable. Alors on attire, mais pas assez. On n’a pas mis les moyens d’avoir une ville hyper-connectée. En plein centre-ville, je peux avoir du mal à avoir du réseau téléphonique. On souffre d’un tas de choses, comme l’extinction de l’éclairage à 22h ou 23h. Nous pourrions avoir un éclairage intelligent, qui s’allume quand on avance. Ce n’est pas compliqué. Et ça apporte de la sécurité. Comme la vidéo-protection, qui peut permettre de détecter quelqu’un qui fait un malaise dans la rue. Une smart city permettrait aussi d’attirer des étudiants, des chercheurs, des entreprises novatrices qui créeraient les emplois de demain. Si on rate le coche de la modernité, La Rochelle ne sera qu’une belle endormie. Une carte postale.

Ensuite, il faudrait trouver des systèmes intelligents de passages piétons, d’intelligence de la circulation. Parce que nous sommes dans une ville où on ne peut plus circuler, depuis que le centre-ville a été fermé. C’était une bonne chose, mais on n’a pas prévu d’alternatives. 

Un projet que l’on porte est donc celui d’un RER urbain, un RER électrique. Cela peut se faire facilement. On peut avoir une navette électrique sur des rails existants. Cela permettrait de réduire la saturation de la quatre voies. Il y a dix ans, elle n’était pas saturée. Désormais, elle l’est quasiment à toute heure de la journée. Surtout, un RER urbain permettrait de résoudre des problèmes de mobilité. La Rochelle ne s’arrête pas aux panneaux à l’entrée de la ville. Il faut aussi prendre en compte les communes de l’agglomération, celles du pôle d’attractivité. Quand, comme moi, on est employeur, on a des salariés qui vivent loin du centre. Parce que le prix du mètre carré en ville est cher. On a des collaborateurs qui se plaignent des coûts de transports parce qu’ils doivent prendre leur voiture. Cela aiderait aussi au niveau de l’emploi. Les gens pourraient aller travailler plus loin de chez eux. À l’inverse, certains achèteront plus loin de La Rochelle, ce qui ferait baisser les prix en ville.

Votre commune testera-t-elle de nouvelles technologies ?

La Rochelle est une ville avec un passé innovant. On a eu une usine de voitures électriques, un fabriquant de scooters électriques. Je roulais avec un scooter électrique il y a 30 ans ! On a perdu cet esprit innovant. Les élus se disent héritiers de Michel Crépeau (ministre de François Mitterrand et maire de La Rochelle de 1971 à sa mort, en 1986, ndlr) parce qu’il avait instauré la journée sans voiture et le vélo en libre service. Mais qu’a-t-on fait depuis ? Il faut se renouveler, avec des gens qui permettront que la ville entre dans la modernité. On est à l’époque de l’IA. Il faut travailler là-dessus, accompagner les entreprises, accompagner les collaborateurs de l’agglomération et de la ville. Il faut former du monde. Il faut accompagner les centres sociaux, faire en sorte que les habitants des quartiers puissent aussi se saisir de ces outils. On a déjà une rupture numérique. Evitons d’en avoir une nouvelle en ce qui concerne l’IA.

Prévoyez-vous que votre commune expérimente des dispositifs innovants ? 

Monsieur Fountaine avait mis en place « le territoire zéro carbone. » Ce n’était pas une mauvaise idée. Mais ça ressemble plutôt à un slogan. Les Rochelais n’ont pas bien compris à quoi ça correspond. Il y a de la recherche, de l’innovation. Il faut en faire le promotion et aller plus loin. Il faut aussi que ça ait un usage pragmatique, à travers la coopérative carbone et que cela permette aux Rochelais d’améliorer leur habitat. Il ne s’agit pas juste de planter quelques arbres.

L’école est au cœur des compétences municipales. Quels changements concrets envisagez-vous pour améliorer le quotidien des élèves, des enseignants et du personnel scolaire ?

Il faut poursuivre ce qui a été fait, faire en sorte que tous les équipements municipaux soient vertueux, remettre de la verdure, créer des îlots de fraicheur. Comme autre projet, je pourrais aussi vous parler de l’aréna verte : un grand ensemble qui recevrait des têtes d’affiche. Je veux une ville où on vit, pas une ville où on dort. Ne pas construire des quartiers d’immeubles juste pour se dire qu’on a fait ce qu’il fallait pour subvenir au besoin de logements. Il faut y répondre, avec du beau, parfois un peu à l’extérieur de la ville. Mais il faut surtout faire en sorte que la ville soit vivante. La municipalité actuelle, elle, pense qu’il faut construire 540 logements là où j’aimerais placer l’aréna. Ce serait un quartier dortoir. Aucun intérêt ! Par contre, on a l’idée de simplifier le PLUI. Pour que le coût du logement, en terme de fabrication, soit plus accessible. Il faut aussi mettre en place un charte architecturale, pour que La Rochelle reste jolie. Pour qu’elle soit durable, il faut qu’elle soit jolie. Ce qui est joli reste. Les trucs moches, c’est moins durable, cher. Et on n’a pas envie d’y vivre…