De juin 2017 à juin 2022, Yannick Kerlogot était député de la République en Marche dans la la 4e circonscription des Côtes-d’Armor. En 2026, cet instituteur de formation brigue la mairie de Guingamp à la tête d’une liste qu’il dit « profondément ancrée dans la ville », porteuse d’une démarche cousue de « pragmatisme et de réalisme. » Le quinquagénaire entend notamment installer un système de « transport solidaire », des détecteurs de présence au sein de l’éclairage public et souhaite lutter contre l’addiction aux écrans.
À la fin de votre mandat, quels seront, pour vous, les trois changements les plus visibles dans votre commune ?
Le premier changement auquel je pense concerne l’espace public. Nous faisons le constat de trop de pavés, d’une minéralisation excessive. L’idée est d’arborer, d’avoir des îlots de fraicheur. Il faut aider la population à intégrer l’idée que nos étés vont être de plus en plus chauds. Même si nous sortons, là, d’une période de pluie… Nous allons donc devoir repenser l’aménagement et l’urbanisation de la ville. Le deuxième point concerne le parc du château des Salles. C’est un espace de 8 hectare, un poumon vert. La ville de Guingamp l’avait racheté et le maire l’a revendu à un promoteur immobilier. Nous souhaitons le rendre aux Guingampais pour en faire un lieu de rencontre, un lieu de nature où l’on peut reconnecter la population. Enfin, l’Hôtel de la Monnaie, un bâtiment historique, emblématique, vient de subir des travaux. Il s’agit d’une action intelligente de la majorité actuelle. Il faut le reconnaître ! Pour autant, elle compte y installer des bureaux. Nous voulons, nous, en faire un centre d’interprétation patrimoniale dédié à l’histoire de la ville. Nous souhaitons mettre en avant des figures guingampaises comme le compositeur Guy Ropartz, le peintre François Valentin ou le psychologue en recherche Théodule-Armand Ribot. Nous voulons aussi mettre en valeur notre patrimoine immatériel et celui de la danse bretonne, avec un lieu dédié.
Votre commune testera-t-elle de nouvelles technologies ?
Quand on nous dit « nouvelle technologies », nous pensons à la vidéo-protection. C’est une attente forte de la population. Elle apparaîtrait dans l’espace public comme elle existe déjà dans les banques, dans les super-marchés. La seconde technologie concernerait l’éclairage : les détecteurs de présence sont aujourd’hui essentiels pour assurer une couverture lumineuse la plus large possible. Cela apporterait une réponse au niveau de la sécurisation. Ce serait un outil de dissuasion.
Prévoyez-vous que votre commune expérimente des dispositifs innovants ?
Les premiers auxquels je pense, sont des outils en lien avec la concertation. Comment faire pour avoir un retour majoritaire des Guingampais sur telle ou telle proposition ? La ville de Guingamp a, par exemple, veillé à ornementer l’espace public de 5 statues. Elles ont coûté 50 000 euros chacune. J’ai trouvé que l’on avait manqué une occasion en ne demandant pas l’avis des Guingampais. On a des applications, aujourd’hui, suffisamment accessibles pour obtenir des sondages. On peut aussi veiller à des rencontres plus physiques, à faire du porte-à-porte. Parce que nous sommes une petite ville. On peut être en contact quotidien avec la population. Ensuite, je pense à mettre en place un transport solidaire. Beaucoup de personnes seules, isolées, renoncent aux soins faute de transport. Au delà de l’offre, qui reste problématique, nous pensons que des personnes bénévoles, comme des jeunes retraités, pourraient se rendre disponibles à l’attention de ces personnes isolées. Enfin, on aimerait repérer les bâtiments communaux que l’on pourrait végétaliser. Que ce soit avec des toits végétaux ou des murs végétaux. Cela aiderait à participer à cette lutte contre les épisodes de chaleur. Il faut aussi communiquer avec la population sur l’urgence, l’intérêt de faire de l’activité physique. On a une sédentarité beaucoup trop forte. Les jeunes font trop de trottinette à défaut de vélo, par exemple. Le parc dont j’ai parlé plus tôt doit être un lieu d’accueil pour l’activité physique.
L’école est au cœur des compétences municipales. Quels changements concrets envisagez-vous pour améliorer le quotidien des élèves, des enseignants et du personnel scolaire ?
Rien n’empêche le maire et ses élus d’entrer en contact avec les enseignants et de voir, avec eux, comment il serait possible de lutter contre un phénomène : celui de l’isolement, de la solitude des personnes âgées. Nous pourrions organiser une correspondance, des rencontres dans les écoles et ce parc du château des Salles. Nous aimerions aussi travailler sur l’addiction aux écrans. Avec les enseignants, les familles, le personnel, nous aimerions être dans une vigilance du quotidien pour que les élèves comprennent, à l’école primaire, qu’accéder aux réseaux sociaux est interdit. Même si le grand frère ou la grande soeur le fait. Qu’ils comprennent que d’être face à un écran le soir, dans sa chambre, à l’abris du regard des parents, c’est dangereux. Avec la police municipale, que nous voulons mettre en avant dans la ville, nous voulons être dans un discours de vigilance à ce niveau-là.