Élu maire de Guingamp pour la première fois en 2014, Philippe Le Goff brigue un troisième mandat à la tête d’une liste qu’il présente comme « de gauche plurielle. » Ce quinquagénaire entend développer l’utilisation de la biomasse et renforcer les liens entre les habitants de ce qu’il aime décrire comme « une ville affective. »
À la fin de votre mandat, quels seront, pour vous, les trois changements les plus visibles dans votre commune ?
Le changement le plus visible durant mon mandat bientôt écoulé concerne l’attractivité de la ville. On a travaillé sur la revitalisation du centre-ville et son rayonnement. Demain, si je suis élu, j’envisage un rayonnement affirmé. Avec une ville qui aura confirmé son statut de ville étudiante. Une ville qui, à travers un réseau de chaleur urbain, aura permis à tous les bâtiments des collectivités d’utiliser une chaudière biomasse. Une ville qui aura réussi à implanter un centre aqua-ludique, aussi. Et une ville qui aura continué à faire en sorte que les gens se connaissent et s’unissent, dans ce que j’appelle cette ville affective… L’inter-connaissance et l’empathie sont des choses qui m’importent vraiment.
Votre commune testera-t-elle de nouvelles technologies ?
Je l’ai déjà cité, mais avoir un réseau de chaleur urbain, pour une communauté de notre traille, c’est un vrai défi. Il n’y a pas beaucoup de communautés de cette taille là – voire, aucune – qui soient entrées dans cette démarche auprès de l’ADEME. Cela permettra une garantie sur les prix. Ensuite, on va de plus en plus vers l’idée d’être une ville interconnectée, grâce aux réseaux LoRa. Ils permettent de quantifier, d’intervenir sur les consommations. De pouvoir réguler, le cas échéant, la luminosité. De pouvoir éteindre ou rallumer.
Prévoyez-vous que votre commune expérimente des dispositifs innovants ?
On va essayer deux dispositifs qui me semblent intéressants. Le premier s’appelle « voisins attentifs et empathiques. » Cela répond à une question : comment créer du réseau entre les gens ? C’est quelque chose qui va nous guider même au niveau de l’aménagement urbain. On va essayer de créer des « coins parlotes », des endroits débridés où les gens ne s’auto-censurent pas, où ils peuvent parler. C’est une innovation sociale intéressante, je trouve. On aimerait aussi essayer l’auto-stop participatif. Si on arrive à mettre en connexion des gens qui ont besoin de faire seulement quelques centaines de mètres, mais pour qui c’est compliqué, et des gens qui sont seuls dans leur voiture, cela permettrait de lever des freins entre les gens. De leur permettre de se connaître. Et puis qui aide aujourd’hui peut être aidé demain. Ce sont des dispositifs simples. Mais dans ce qu’ils racontent comme récits dans la ville, ils ont, à mon avis, beaucoup de sens.
L’école est au cœur des compétences municipales. Quels changements concrets envisagez-vous pour améliorer le quotidien des élèves, des enseignants et du personnel scolaire ?
Nous sommes une ville 100% EAC. Je crois énormément en ça, en l’Éducation Artistique et Culturelle. Sur cette dimension-là, nous sommes même ce qu’on appelle un « living-lab. » On se demande comment apprendre autrement avec l’art. Je pense que nous irons même, à Guingamp, sur des expérimentations de micro-écoles. Comment ceux qui sont éloignés de l’école, peuvent, par des micro-écoles ciblées sur la question artistique, trouver des leviers. Nous avons des problématiques sociales. L’importance que je donne à l’école est qu’elle reste le levier de non-assignation, d’espérance. A travers ça, on continuera à porter les projets qui viennent de la base. L’élu n’est pas forcément celui qui sait, il est le relai de la faisabilité. C’est comme ça que je me vois.