Les « Doge Kids » d’Elon Musk, la revanche des nerds

Le DOGE. Image Shutterstock.
Le DOGE. Image Shutterstock.

Appelé par Donald Trump pour effectuer des coupes drastiques dans les budgets gouvernementaux, Elon Musk s’est entouré de ses Doge Kids, des jeunes ingénieurs aux méthodes peu conventionnelles et au passé inquiétant.

Quelle ne fût pas la surprise des employés de l’USAID (Agence américaine pour le développement international) au matin du 3 février dernier lorsqu’ils ont reçu dans leur boîte mail l’annonce de la fermeture de leur siège. Un mail envoyé par un gamin de 25 ans, jeune ingénieur diplômé de l’Université de Berkeley.

C’est un article de Wired qui a mis le feu aux poudres. Le Department of Government Efficiency (DOGE) d’Elon Musk, mobilisé pour réduire les dépenses fédérales et moderniser l’infrastructure gouvernementale, est composé d’un groupe de jeunes ingénieurs âgées de 19 à 24 ans sans expérience au sein de telles institutions. Ce qui ne les a pas empêché de procédé déjà à des licenciements massifs : 40 000 fonctionnaires aurait déjà été remerciés. À terme, le DOGE veut automatiser une partie de cette main d’œuvre, remplacée par des intelligences artificielles moins coûteuses.

Mais l’initiative n’est pas sans controverse. Accusé de népotisme, le DOGE a été vivement critiqué par plusieurs juges fédéraux ainsi que par des représentants politiques dont Ayanna Pressley, élue dans le 7ème district du Massachusetts aussi pour avoir tenté d’accéder aux données financières et médicales de millions d’Américains. Les pratiques du DOGE comporterait des risques pour la protection des consommateurs, cherchant à démanteler des agences essentielles à la protection des consommateurs dont le Consumer Financial Protection Bureau (CFPB).

Parchemin et eugénisme

Parmi les jeunes ingénieurs du DOGE identifiés par Wired, on retrouve Edward Coristine, 19 ans, licencié en 2022 d’une société spécialisée dans la sécurité des données, Path Network, pour avoir divulgué des informations à un concurrent. Selon Bloomberg, Coristine se serait vanté sur Discord d’avoir toujours accès au serveur de l’entreprise. À ses côtés, Luke Farritor, connu pour avoir mis au point un algorithme capable de lire les mots effacés d’un parchemin carbonisé par l’éruption du Vésuve à Herculanum en l’an 79 alors qu’il était en 2023 encore étudiant à l’Université Lincoln du Nebraska.

D’autres noms ressortent comme celui d’Ethan Shaotran, ancien étudiant de Harvard qui a lancé sa propre start-up dans l’intelligence artificielle, Energize AI, et bénéficié d’un financement de 100 000 dollars de la part d’OpenAI, ou celui, plus problématique, de Marko Elez. Ancien employé de SpaceX et âgé de 25 ans, le Wall Street Journal a exhumé d’anciens posts publiés sur X à connotation raciste et prônant l’eugénisme. D’abord démissionnaire du DOGE, Elon Musk l’a rattrapé en publiant un sondage sur X pour demander s’il devait être réintégré ou pas, une majorité de votant ont ainsi soutenu son retour. Marko Elez avait, quelques semaines plus tôt, accédé au système de paiements du Trésor américain, mais une décision judiciaire avait finalement limité son accès.

Outre l’inexpérience, la jeunesse et le passé des recrues du DOGE, c’est aussi le manque de supervision et de transparence qui inquiète, alors que cette commission opère sous la direction d’Elon Musk, sans mandat électoral pour légitimer son action ni aucun soutien clair du Congrès.