Ancienne adjointe au maire de La Rochelle, ex-vice-présidente de la Communauté d’agglomération et de la Région, Maryline Simoné s’avance vers les élections municipales à la tête d’une liste d’union qui rassemble les Écologistes, le Parti Socialiste et le Parti Communiste Français. Elle revendique une candidature basée sur le collectif, la proximité et la coopération entre collectivités. Son fil rouge ? Comment (mieux) prendre soin des habitants de tout âge, que ce soit en instaurant des fournitures scolaires gratuites ou en favorisant les circuits courts dans les cantines des EPHAD.
À la fin de votre mandat, quels seront, pour vous, les trois changements les plus visibles dans votre commune ?
Ces changements sont inscrits dans notre programme, qui a été établi sur la base de trois constats : la vision d’une aggravation des inégalités sociales et culturelles, l’accélération du dérèglement climatique et une crise de confiance démocratique. La Rochelle a une face dorée : c’est une très belle ville, qui attire et rayonne de par son histoire. Mais elle a aussi une face cachée. Aujourd’hui, les habitants ne se retrouvent plus dans leur ville. Ils considèrent que cette ville n’est plus faîte pour eux. Les logements sont devenus inabordables. Il y a aussi des problématiques en matière de santé environnementale, alors que La Rochelle a été pionnière en matière d’écologie urbaine. Les premiers vélib’ sont nés ici, en 1967. Les aménagements des espaces publics n’ont pas été faits avec eux ou pour eux. Alors que quand on parle de la ville du futur avec les Rochelais, ils parlent très fréquemment de l’idée d’avoir une ville humaine. Il s’agit donc d’expérimenter, d’innover à nouveau. Beaucoup de choses ont été faites sur le centre-ville, sur l’écrin du vieux port. Il s’agirait d’avoir un rééquilibrage territorial, notamment en faveur des quartiers. Puis une ville plus écologique, plus verte. Au niveau des logements, on a réfléchi à une boîte à outils qui inclue notamment l’encadrement des loyers. On a aussi une problématique liée aux plateformes saisonnières, contre lesquelles il faut continuer de lutter, car elles privent les habitants de locations à l’année. Nous souhaitons aussi développer le logement social. Car figurez-vous que 70% des Rochelais y sont éligibles ! J’aimerais aussi assurer la gratuité des transports aux moins de 25 ans. Et une gratuité pour l’ensemble de la population le week-end. Les mobilités génèrent beaucoup d’émissions de carbone. On doit aussi regarder comment faire baisser le bilan carbone.
Votre commune testera-t-elle de nouvelles technologies ? Prévoyez-vous que votre commune expérimente des dispositifs innovants ?
Le numérique doit être au service du quotidien, de la sobriété et de la démocratie locale. On doit veiller à ce que personne ne reste au bord du chemin. Quelque soit l’âge, la situation ou les moyens d’une personne. Mais, encore une fois, on veut remettre de l’humain dans la ville. On a tous testé ces appels… Durant lesquels on nous demande d’appuyer sur le 1, sur le #… On attend de longues minutes pour, au bout du compte, avoir quelqu’un qui ne sait pas répondre à votre question. Mes parents sont complètement paumés quand il s’agit de prendre un rendez-vous dans un service public. Alors que les services publics doivent être accessibles à tous. Ensuite, le terme peut faire peur, mais, avec l’université de La Rochelle, on se penchera sur comment l’intelligence artificielle peut préparer la ville de demain. On veut en faire un sujet positif, voir comment faire du numérique un moteur de participation et d’action collective. La Rochelle doit redevenir pionnière en imaginant les métiers de demain. On doit faire en sorte que l’intelligence artificielle nous aide dans nos quotidiens d’usagers. Le numérique doit aussi permettre d’offrir plus de transparence, y compris sur la gouvernance d’une collectivité telle que la nôtre. On peut ouvrir nos données, nos ressources, faire d’avantage part de nos décisions. Les décisions doivent être collectives et les nouvelles technologies peuvent aider dans ce sens-là. C’est aussi à travers ces outils que La Rochelle doit apprendre la sobriété.
L’école est au cœur des compétences municipales. Quels changements concrets envisagez-vous pour améliorer le quotidien des élèves, des enseignants et du personnel scolaire ?
On veut que les Rochelais et les Rochelaises vivent bien. Qu’ils vieillissent bien mais, d’abord, qu’il grandissent bien. Cela fait des années que l’on parle de l’égalité des chances… Nous en sommes encore un peu loin… On a donc écrit plusieurs lignes programmatiques qui concernent notamment la gratuité des fournitures scolaires de la maternelle au CM2, en concertation avec les équipes éducatives. Il faut ensuite un plan de rénovation des écoles, pour les adapter au changement climatique. Bien évidemment, il faut aussi parler de la sécurisation aux abords des écoles. L’équipe en place a déjà commencé ce travail, que je salue. Il s’agit de le continuer et de le renforcer. Il faut aussi veiller à l’accueil périscolaire avant l’école et après l’école. Enfin, dans une politique de santé alimentaire, nous nous engageons à délivrer 70% de produits issus de circuits courts dans les cantines scolaires. Dont 50% de produits biologiques. On entend faire la même chose pour les EHPAD.