Maire de La Rochelle depuis 2014, Jean-François Fountaine décidait, en 2025, de quitter ses fonctions pour laisser place à son adjoint chargé des finances : Thibaut Guiraud. Issu d’une famille de rugbymen, ce quadragénaire qui se revendique du centre-gauche dirigeait, avant son entrée en politique, la Clinique Cardiocéan, en périphérie de La Rochelle. Héritier de la mandature précédente, Guiraud entend doubler la taille d’une plage du centre-ville, utiliser l’IA pour réguler le trafic et rêve d’indépendance énergétique.
À la fin de votre mandat, quels seront, pour vous, les 3 changements les plus visibles dans votre commune ?
On sort déjà d’un mandat qui a déjà transformé la ville sur des choses très visibles. Jean-François Fountaine était un maire bâtisseur. Nous avons re-qualifié les rues du vieux port et construit de nouveaux bâtiments, comme un centre social en plein centre-ville, pour 17 millions d’euros. Depuis qu’on y a réduit l’accès de la voiture, énormément de monde se balade dans le centre-ville. Durant le prochain mandat, on va faire venir du sable pour doubler la superficie de la plage des Minimes. Au regard du changement climatique, on pense que nos plages vont devenir des lieux de vie et de mixité intergénérationnelle 365 jours par an. Ce qui va aussi être visible est que nous commençons à avoir une réflexion par quartiers. Chaque quartier va être doté d’un pack d’aménagement, qui permettra d’installer des jeux d’enfants, des toilettes publiques, des bornes de recharge électrique, des aménagements pour pouvoir cuisiner ensemble. Ce sont de petits aménagements mais ils participent au vivre ensemble.
Votre commune testera-t-elle de nouvelles technologies ?
Déjà, on peut avoir une meilleure régulation des flux de voiture grâce à l’intelligence artificielle. Sans mettre de feux ou de « stop » partout. Il suffit de placer de petites caméras à certains endroits, qui permettent d’observer le flux de voiture en temps réel. Avec tous les téléphones qui sont allumés et connectés à différentes applications, on peut anticiper les afflux de véhicules, notamment sur les heures de pointe. Cela permet aussi de trouver des circuits différents. On peut même fermer certains ronds points, par exemple, où des véhicules venant d’un sens donné auraient la priorité. On libère le flux d’un côté avant de redonner la priorité. Ensuite, le plus gros projet du territoire, pour le siècle prochain, est la construction d’un hôpital, qui va coûter 740 millions d’euros. L’avenir fera que l’on aura beaucoup d’innovations dans cet hôpital. Notamment pour améliorer les délais de rendez-vous et l’accès au soin. Puis l’interprétation médicale, notamment grâce à l’imagerie médicale. Alors que jusqu’à présent, les patients font 200 kilomètres pour obtenir ce genre de diagnostics.
Prévoyez-vous que votre commune expérimente des dispositifs innovants ?
Nous sommes déjà en avance sur la décarbonation : La Rochelle vise la neutralité carbone d’ici 2040, 10 ans avant tout le monde. Depuis un certain nombre d’années, on mets en place des actions pour capter du carbone, on re-nature La Rochelle. Les transports sont presque tous décarbonnés. On va continuer à investir là-dessus. On compte aussi solariser les bâtiments communaux pour essayer d’atteindre, au niveau de la collectivité, une autosuffisance énergétique. Aujourd’hui, on produit 25% des kilowatts que l’on utilise. L’idée est de tendre vers les 100%.
L’école est au cœur des compétences municipales. Quels changements concrets envisagez-vous pour améliorer le quotidien des élèves, des enseignants et du personnel scolaire ?
Sur le précédent mandat, le premier poste d’investissement a été sur les écoles : 7 millions par an. On a amélioré la performance énergétique et le confort de quasiment tous les établissements. On en a construit de nouveaux, aussi. Alors on va avoir du mal à faire mieux ! Mais il faut aussi anticiper, avec la baisse du taux de natalité, que dans 20 ans, on aura probablement quelques fermetures de classes. Voire, d’écoles. Peut-être qu’il faudra regrouper les enfants dans moins d’écoles et faire en sorte que les autres deviennent des salles communales. Ou qu’elles soient céder à des entreprises qui ont besoin de foncier pour offrir des services à la population. On doit garder ça en tête.