Arthur Auboeuf, de Team for the planet à la candidature à la Mairie de Samoëns

Cette année, maints entrepreneurs issus de la French Tech sont en campagne pour les municipales. Arthur Auboeuf est l’un d’eux. En 2019, il fondait Team for the Planet, société à mission qui opère des levées de fonds auprès de milliers de citoyens dans l’objectif de créer et financer des entreprises œuvrant contre le dérèglement climatique. En 2026, il figure en 13ème position sur la liste de Xavier Davergne, candidat sans étiquette à Samoëns, petite commune de Haute-Savoie très tournée vers sa station de ski, dont il aimerait diversifier et adoucir l’existence.

En venant du milieu de la tech, que pensez-vous pouvoir amener à Samoëns ? Pourquoi vous êtes-vous engagé ?

C’est toujours bien de contribuer aux communautés dans lesquelles on évolue. C’est mon lieu de vie, celui où j’existe. J’ai envie de le voir aller dans un sens que je trouve intéressant. C’est une façon d’appliquer ce que je défends avec Team For The Planet dans un ancrage territorial. Typiquement, j’aimerais que l’on ait une réflexion sur la transition écologique et énergétique. Ici, on a beaucoup de choses à faire. On pourrait avoir des mobilités plus douces, beaucoup moins de dépendance à la voiture. On pourrait avoir une gestion de l’alimentation différente, réorganiser nos circuits de distribution avec beaucoup de production locale. Et puis, il y a des choses à faire sur l’approche touristique, en sortant de la Dysneylandisation de la montagne pour aller vers une approche de contact avec la nature, un tourisme qui permet de se sentir bien sans être dans l’hyper-consommation ou l’hyper-activité. C’est vers ça que j’ai envie d’aller. L’humain a beaucoup à gagner à mieux comprendre son environnement, à passer du temps dehors sans être plongé dans des loisirs hyper-technologiques.

Si votre liste l’emporte, quelle place les nouvelles technologies occuperont-elles dans votre commune ?

Je suis convaincu qu’il est nécessaire d’utiliser tous les nouveaux outils qui permettent de faire des sites plus vite, de mieux mettre en musique sa pensée et de la rendre utilisable par d’autres via des sites comme Lovable. Cela permettra de proposer de nouvelles offres, de faire de nouvelles choses sur la commune. J’ose espérer que l’on sera capable d’aller vers ça.

À quoi ressemblera votre commune au terme de cet éventuel mandat, en 2033 ? Quels seront les changements les plus visibles  ?

L’économie touristique est donc principalement issue du ski. Dans 7 ans, on aimerait que ce soit une économie plus distribuée, avec des emplois à l’année. Que l’on soit sortis d’une mécanique saisonnière. Le village et la partie station se seraient tous deux développés et communiqueraient intelligemment. La station catalyserait le tourisme lié au ski et le tourisme de groupe, plus festif. Le village serait un lieu de vie avec une forme de résilience sur les sujets alimentaires, organisé sur d’autres axes que le tourisme. Si on réussissait ça en 7 ans, ce serait extraordinaire. Ça paraît court, mais c’est la direction. Si on se projette encore plus loin, à 2041, la première différence serait peut-être que plus de bâtiments seraient habités. Aujourd’hui, c’est un des problèmes des stations de ski. Peu de bâtiments sont habités à l’année. Il y a beaucoup de résidences secondaires. Ici, on a 25 000 lits froids ! Mais on a la chance d’avoir un collège, beaucoup de médecins. L’idée serait de renforcer ça. De passer de 2500 habitants à l’année à peut-être 4000. J’aimerais que l’on ait une vraie culture à l’année, pas juste un pic quand il y a les touristes, suivi d’un désert culturel.

Pensez-vous que de plus en plus d’entrepreneurs issus de la tech entreront en politique en France à l’avenir ? Quel impact cela pourrait-il avoir sur la politique française ?

Je pense qu’il y en aura de plus en plus, oui. La tech permet de collaborer et d’aborder les projets collectifs différemment, de proposer des façons de communiquer et de se faire connaître différentes. Les entrepreneurs de la tech ont beaucoup à apporter à certaines communes… à condition qu’ils évitent de trop voir les choses sous un prisme technologique ou entrepreneurial. On a l’impression que ceux qui savent gérer une boîte sauront gérer une commune, mais ce n’est pas pareil. J’ai la chance d’avoir un père qui est maire… S’il est réélu, ce sera son quatrième mandat. Alors ça fait longtemps que je vois ce qu’est la réalité d’un maire et ce n’est pas comme une boîte. Il ne faut pas faire cet amalgame. Les entrepreneurs de la tech peuvent apprendre à gérer une commune, mais ils ne peuvent pas juste faire un copier-coller de ce qu’ils font dans la tech.