Cette année, maints entrepreneurs issus de la French Tech sont en campagne pour les municipales. Gilles Moreau est l’un d’eux. En 2020, il co-fondait Verkor, une compagnie qui ambitionne d’accélérer la dynamique industrielle de production de batteries bas-carbone en France, avec pour objectif affiché de desservir le marché européen. En 2026, il se retrouve en 6ème position sur une liste d’union de la gauche portée par Laurence Ruffin, candidate à la mairie de Grenoble, une ville qu’il entend bien adapter aux challenges posés par le dérèglement climatique.
En venant du milieu de la tech, que pensez-vous pouvoir amener à Grenoble ? Pourquoi vous êtes-vous engagé ?
Ce qui m’a toujours motivé dans l’entreprenariat était de répondre à des questions compliquées, de résoudre des problèmes qui n’étaient pas simples. Dans une municipalité, j’ai l’impression qu’il y a des choses assez intéressantes à faire pour moi.
Si votre liste l’emporte, quelle place les nouvelles technologies occuperont-elles dans votre commune ?
Ma spécialité, c’est l’énergie. Il y a plein de choses à faire à ce niveau-là : sur tout ce qui va être climtech, sur l’adaptation de la ville au changement climatique et sur l’atténuation des effets de l’Homme sur le climat. L’atténuation est possible en sortant le plus possible des produits carbonés, notamment au niveau de la mobilité, ainsi qu’en agrandissant le chauffage urbain, qui est déjà à plus de 80% décarbonné. Il serait aussi bien de s’intéresser à l’autoconsommation : voir comment on peut avoir à la fois une électricité renouvelable et du stockage local. On pourrait aussi tester la facturation sociale. Au niveau de l’adaptation, il faudra voir comment être résiliants face à des crises climatiques ou des crises de ruptures de flux d’hydrocarbures. Pour ça, il faut un plan afin de déterminer quels outils municipaux et métropolitains sont les plus en phase avec ces problématiques. On parle aussi beaucoup de mettre en place un pôle public de l’énergie, qui permettrait aux citoyens d’avoir un seul outil et un seul guichet où gérer leurs problématiques. Dans ce guichet, seraient centralisées toutes les questions d’électricité, de gaz, de chauffage, d’adaptabilité, d’accès à de la fraîcheur, de rénovation d’un bâtiment, d’adaptation à des températures trop hautes… C’est plutôt au niveau métropolitain, mais ça pourra se faire à le hauteur de la ville. Dans chaque secteur.
À quoi ressemblera votre commune au terme de cet éventuel mandat, en 2033 ? Quels seront les changements les plus visibles ?
On a fait une petite BD sur ça ! Avec des locaux qui font un zine du nom de Narvalo. On y aborde des sujets qui préoccupent actuellement les Grenoblois, comme la propreté ou la sécurité. Mais aussi la présence, à moins de 5 minutes de chaque habitation, d’un point de fraîcheur. Que ce soit un bâtiment public modifié, un parc, une forêt urbaine ou une rivière adaptée pour que l’on puisse s’y baigner plus facilement.
Pensez-vous que de plus en plus d’entrepreneurs issus de la tech entreront en politique en France à l’avenir ? Quel impact cela pourrait-il avoir sur la politique française ?
J’espère et je le pense, oui. On peut avoir un impact très direct. J’ai travaillé dur dans la tech, mais avec un impact sur le public finalement assez faible. Même s’il y a eu beaucoup de créations d’emplois, notamment avec Verkor. Mais j’avais vraiment envie de travailler sur quelque chose à l’impact local et transformant. Soit par la force de travail ou par une sorte de grain de folie, les entrepreneurs de la tech se rendent compte qu’ils peuvent avoir un impact sur la vie de la cité. Sur nos voisins, nos collègues, nos familles. On peut amener un nouveau souffle. Apporter de l’aide, sans dogmatisme, cela ne peut que faire du bien.