Florian Lafoux, de la stat-up TrackenGo à la candidature à la Mairie de Ciron

En 2026, maints entrepreneurs issus de la French Tech sont en campagne pour les municipales. Florian Lafoux est l’un d’eux. En 2019, il créait la start-up TrackenGo, qui vise à optimiser la gestion logistique et la réalisation de chantiers agricoles et forestiers. C’est donc assez naturellement qu’il s’engage cette année dans une commune rurale, Ciron, dans l’Indre, dont il ambitionne de devenir le maire. En cas de succès, il entend repenser les mobilités et la communication avec ses administrés.

En venant du milieu de la tech, que pensez-vous pouvoir amener à Ciron ? Pourquoi vous êtes-vous engagé ?

Ce que je peux apporter, c’est de nouvelles méthodologies, une nouvelle vision qui alimenterait les missions développées au sein du conseil municipal. Cela changerait le profil des gens habituellement élus maires, notamment dans des communes rurales. Je peux apporter mes connaissances liées au monde de la tech et des l’entrepreneuriat et voir comment ça peut alimenter les réflexions dans une commune.

Quelle place les nouvelles technologies occuperont-elles à Ciron si votre liste l’emporte ?

Nous sommes sur une commune de 530 habitants, réunie, avec d’autres petites communes, au sein d’une communauté des communes qui porte certaines compétences, comme le développement économique… Mais, pour moi, quand on parle des nouvelles technologies, un des sujets prioritaires se trouve au niveau de la communication, du partage avec les habitants. Que ce soit dans le sens de la commune vers les habitants mais aussi afin de permettre aux habitants de faire remonter certaines choses vers la commune. On peut utiliser des moyens plus modernes pour communiquer. On a, certes, une population avec une moyenne d’âge assez élevée. Mais on a quand même de nouvelles familles sur la commune. On peut utiliser d’autres outils pour essayer de les toucher et faire en sorte qu’elles s’investissent dans la vie de la commune.

À quoi ressemblera votre commune au terme de cet éventuel mandat, en 2033 ? Quels seront les changements les plus visibles dans votre commune ?

L’emploi des moyens de communications basées sur les nouvelles technologies, déjà. Ensuite, si nous sommes un peu prospectifs, un sujet important, aujourd’hui, dans nos territoires ruraux, est celui de la mobilité. Notamment celle des personnes qui ont perdu de la mobilité. Qui ne peuvent plus se déplacer pour faire leurs courses. Economiquement parlant, ce n’est ici pas possible d’avoir une ligne de bus régulière. On n’a pas la demande suffisante. Mais je me dis que, demain, les voitures autonomes dont on parle beaucoup dans les villes auraient peut-être leur place dans des territoires plus ruraux. Cela permettrait d’éviter que nos campagnes se vident complètement et de garder une interconnection avec des zones plus denses, avec plus d’activité. C’est important, parce qu’on ne veut pas dire à une personne qui perd de la mobilité de partir de chez elle alors qu’elle y est bien… Il faut donc trouver des solutions pour garder ces personnes dans nos territoires en facilitant leurs déplacements. Quand on parle start-up, qu’on parle tech, on pense à Paris, aux métropoles. Mais il existe aussi des acteurs techs dans les territoires dits ruraux. Alors on peut peut-être attirer plus d’entreprises basées sur la tech ici. Pour associer conforts de vie personnels et professionnels.

Pensez-vous que de plus en plus d’entrepreneurs issus de la tech entreront en politique en France à l’avenir ? Quel impact cela pourrait-il avoir sur la politique française ?

Je trouverai ça intéressant. Que des personnes qui sont dans la tech s’investissent dans la vie politique des communes pourrait aider à avoir un développement lié aux besoins réels des habitants. Sur ma liste, la moyenne d’âge est à 51 ans. Ce sont des personnes actives, qui prennent le temps de s’investir pour leur commune. Donc j’encourage les entrepreneurs, de la tech ou d’ailleurs, à s’investir dans cette vie politique pour faire que les choses avancent positivement par rapport aux besoins des habitants. On critique souvent les gestions d’une commune au niveau financier. On peut peut-être aider à ce niveau-là.