Conseiller municipal à Aubenas depuis 2014, Benoît Perrusset se présente à la tête d’une liste d’union de la gauche, dans une ville administrée par la droite depuis trois décennies. Cadre territorial dans une collectivité du Sud Ardèche, ce quinquagénaire est également conseiller communautaire à la Communauté de Communes du Bassin d’Aubenas, délégué à la gestion d’une piscine et à celle des déchets ménager. Porteur d’une vision « ambitieuse, réaliste et humaine », il souhaite notamment développer l’offre de santé publique et installer ce qu’il appelle « des boutiques tremplins. »
À la fin de votre mandat, quels seront, pour vous, les 3 changements les plus visibles dans votre commune ?
Le premier changement concernera l’offre de santé. Nous avons un déficit de médecins généralistes sur notre ville. On se doit de tout faire pour assurer le droit à la santé, pour que les 13 000 habitants puissent trouver des médecins de proximité. Tout le monde en parle ici. Certains médecins s’arrêtent au mois de juillet. D’autres, dans quelques années. On se doit donc d’agir par le salariat, par des bourses communales, par des terrains de stage en 4ème année d’internat, par ce qu’on appelle les docteurs juniors. Nous avons une chance : il est possible d’étudier à Aubenas avec le CHU de Lyon, en distanciel. Ce qui évite d’engager des frais pour aller jusqu’à Lyon. À nous, à la commune, d’accompagner ça. Sur des questions de logements et d’accueil des étudiants. Le sujet suivant, c’est les mobilités. Il y a beaucoup de choses à faire pour améliorer la circulation à pieds. Trop de rues, trop de chemins, n’ont pas de trottoirs. Trop de voiries sont en mauvais état. On doit aussi travailler sur les aménagements urbains, qui permettront d’avoir une mobilité sécurisée en vélo. Puis continuer notre maillage de voies douces, de voies vertes, en périphérie de la commune. C’est un enjeu de relations inter-quartiers. Troisième changement : avoir un centre-ville qui continue d’être vivant. Aubenas est la ville centre d’un bassin de vie plus large, mais reste une petite ville. Et comme dans beaucoup de petites villes, le centre-ville se meurt. On doit donc notamment agir sur le logement, remettre du locatif en centre-ville, mais aussi accompagner l’attractivité commerciale pour faire en sorte qu’il y ait de l’activité toute l’année. Notamment en proposant de l’acquisition communale ou de la location – ou de la sous-location – pour des boutiques éphémères, des projets associatifs ou ce qu’on appelle des boutiques tremplin, qui permettent de tester une activité. Si cette activité marche, on continue. Sinon, on propose le local à quelqu’un d’autre. On veut un centre-ville animé, où il se passe des choses, où on a envie de venir, plutôt que de rester en périphérie, en zone commerciale. On doit aussi travailler sur le sentiment d’insécurité, malheureusement. On veut faire en sorte que la police municipale soit plus présente. Qu’il y ait un lien de proximité avec les habitants et les commerçants.
Votre commune testera-t-elle de nouvelles technologies ?
On a comme projet d’accompagner l’installation d’un fablab. De proposer des machines à commande numérique pour les particuliers, mais aussi les entreprises, les artisans, les industriels. De compléter l’offre de service, l’offre de formation, en permettant l’accès à des machines. On a aussi la chance d’avoir un lycée technique, qui peut être un support. En lien avec la région, nous avons, par ailleurs, à Aubenas, une station hydrogène, qui permet de fonctionner aux bus de notre réseau urbain mais aussi à ceux qui font office de TERs. Parce qu’en Ardèche, on n’a pas de trains. Alors on a des bus. Nous aimerions que cette station réponde également aux demandes des véhicules des particuliers et des poids-lourds. A Aubenas, nous avons aussi ce qu’on appelle les micro-folies. Elles sont proposées par le Ministère de la Culture. C’est un musée numérique qui permet de découvrir l’histoire de l’art et des oeuvres présentes dans différents musées nationaux et internationaux. C’est un outil pédagogique très intéressant mais qui est aujourd’hui sous-utilisé. On aimerait vraiment le démocratiser, notamment en direction des scolaires et des publics éloignés de l’accès à la culture.
Prévoyez-vous que votre commune expérimente des dispositifs innovants ?
D’abord, nous entendons développer des dispositifs qui existent déjà : les conseils de quartier, les conseils municipaux des jeunes et ceux des anciens. Ensuite, ce que nous proposons en plus, c’est que si 10% du corps électoral – soit 800 personnes – signe une pétition sur un sujet sur lequel la commune peut agir en direct, ce sujet sera présenté et débattu en conseil municipal.
L’école est au cœur des compétences municipales. Quels changements concrets envisagez-vous pour améliorer le quotidien des élèves, des enseignants et du personnel scolaire ?
On a la volonté de recruter deux infirmiers ou infirmières, dédié(e)s aux élèves des écoles primaires. Pour faire de la prévention, des bilans de santé. Parce que l’éducation nationale est un peu défaillante à ce sujet là. On a également la volonté d’entrer dans le dispositif de l’éducation artistique et culturelle. Nous voulons que les arts et la culture soient au coeur des accompagnements de la commune dans le cadre scolaire. Soit sur le temps du midi, soit sur le temps périscolaire voir sur le temps scolaire, en lien avec l’éducation nationale. Ensuite, nous aimerions amplifier la végétalisation, la désimperméabilisation des cours d’écoles. Une première école a été engagée sur ce processus. Durant notre mandat, nous engagerions les quatre autres. Il faut aussi avoir des abords sécurisés. Pour que l’on puisse venir à l’école facilement en vélo ou à pieds. Enfin, nous aimerions faire évoluer les cours d’écoles au niveau de l’égalité filles-garçons. Sortir des cours d’écoles où le terrain de foot prend 90% (sic) de l’espace. L’idée est de repenser tout ça. Pour que chaque élève, garçon ou fille, ait la place de s’amuser. On entend aussi agir avec l’éducation nationale sur le harcèlement scolaire.